Si je pouvais lui dire aussi, que pour moi, 10 semaines, ça me semble énorme. 10 semaines à "ne faire que ça", ça me parait plus qu'inconcevable : impossible, inhumain. Que 10 semaines à ne faire que bosser, bosser, et encore bosser, non, définitivement, je pense pas que j'en serais capable.
Si je pouvais aussi lui dire que non, je ne la trouve pas trop reichfurher, un peu des fois, mais si j'arrivais à lui dire d'arrêter de jouer à la grande victime haï par sa fille, la chair de sa chair...
Si je pouvais lui dire que si, c'est un peu de sa faute si j'en suis là, parce qu'après m'avoir seriné que "Etre ingénieur, c'est bien, tu peux tout faire après. Le journalisme, c'est bouché. Etre écrivain ce sera un passe temps plus tard. La photo, l'art en général, c'est .... brrrrr j'en ai froid dans le dos". Et après elle me dit que "Non, jamais on ne t'a forcée à t'inscrire en prépa". Et les "je ne te laisserai pas aller en fac" alors?
Si je pouvais lui dire, à Lui, que la seule chose qui m'empêche de faire une grosse bêtise c'est lui, parce que je sais qu'il serait tout triste sans moi, et que je veux pas lui faire de mal.
Si je pouvais dire à quelqu'un que ouais, y'a des jours, je me dis que j'aimerais me jeter du haut d'un immeuble, sauter à pieds joints dans le vide, me trancher les veines et me plonger dans la baignoire, regarder le sang qui se mêle à l'eau, les bulles d'écumes qui rougissent, comme sur les babines d'un chien qui s'est battu. Mais pourtant, je suis encore là. Force morale, ou au contraire ma plus grande faiblesse?
Si je pouvais leur dire, à mes profs, "excusez-moi mais je comprends pas ça là, ce truc, là, exactement. Vous pouvez me réexpliquer?" plutôt que de penser "J'y comprends riiiiiieeeeeeen" et de ne pas oser le dire de peur qu'on me prenne pour quelqu'un qui, décidément, ne comprend rien à rien.
Si je pouvais leur dire, à tout ceux qui se disent que Sarkozy à de bonnes idées et qui vont voter pour lui, tout ce que j'ai pu lire sur lui, ses magouilles, ses amitiés avec des très haut placés, son goût prononcé pour le pouvoir...
Si je pouvais leur dire... Si seulement j'arriverais à l'ouvrir une fois de temps en temps. Mais non, les sanglots étouffent ma gorge, et je lutte contre les larmes, et je ne peux plus parler. Alors ces sujets je les évite, j'esquive. Et au final, je me perds moi-même et je ne sais plus où j'en suis. Enfin, ça, je n'ai jamais vraiment su de toute façon...







Petit retour sur le pourquoi du comment. Aujourd'hui, j'étais en visite dans ma (peut-être) future école, et me suis retrouvé brutalement face à la réalité concrète de ce qui m'attendait dans les années à venir. Et ma foi, quand on a seulement 18ans et qu'on n'a jamais pris le temps de se pencher réellement dessus, il n'est jamais facile de se trouver face à soi-même et à ce qu'on pourrait devenir, qui on pourrait devenir. Pourtant, à bien y réfléchir, il n'existe pas de véritables raisons qui puissent expliquer cet accès de mélancolie : la journée s'est bien passée (presque très bien, s'il n'avait été l'état désastreux de mon dos après avoir passé une journée entière dans un amphi), le cadre s'est révélé très agréable, et je me suis entendu répéter qu'avec le cursus que j'avais suivi, je n'avais aucun souci à me faire et que tout devrait bien se passer. Aucune déception donc.
Mais bon, finalement, un mal pour un bien tout ça? Ce n'est jamais évident de savoir exprimer ce que l'on ressent, j'en sais quelque chose, et finalement, l'écriture reste l'un des tous meilleurs exutoires qui puisse exister, lorque les paroles ne suffisent pas... Je la redécouvre avec plaisir. Et puis, prendre le temps de l'introspection, ça a de bons côtés aussi. On se rend compte de certaines choses, on arrive à en préciser certaines autres.
Pour raisons personnelles, je me vois dans l'obligation d'instaurer ici un mot de passe. Il sera effectif je ne sais pas encore quand. Certainement le temps que je trouve quel mot de passe conviendra. Toujours est-il que voilà, je ne veux pas que ce soit la fin de LetMeTalk, j'y tiens trop. Je ne veux pas ouvrir un nouveau blog, ailleurs, loin... Je reste ici donc. L'accès au mot de passe vous l'aurez en me demandant. Email, sms, msn, tous les moyens sont bons.